Lors de la refonte de mon site web, je me suis évidemment questionnée en amont sur les mots-clés à intégrer dans ma description et plus particulièrement sur l’intitulé de mon métier.
Choisir les bons mots-clés
Rédactrice, conceptrice-rédactrice, copywriter… les termes ne manquent pas.
Contrairement aux journalistes ou aux graphistes aux noms de métier épicènes (dont le féminin et le masculin ont la même forme), le mien se féminise et s’anglicise à loisir.
Il s’agit donc de bien se positionner pour s’accorder au mieux aux recherches de mes futurs clients.
Sur les traces du masculin générique
C’est du côté de Google Trends que je me tourne pour voir les requêtes les plus fréquentes quand vient le temps de chercher une personne offrant des services de rédaction.
Sans trop de surprise, rédacteur remporte plus de suffrages que rédactrice. En effet, on imagine bien que lors de sa requête, la personne recherche un savoir-faire et des compétences, plutôt qu’une ou un professionnel en particulier. Comme à l’accoutumée, le masculin générique l’emporte dans des proportions écrasantes.
Une fois ce triste (mais prévisible) constat dressé, je me questionne donc sur l’intérêt de multiplier sur chaque page de mon site la mention de mon activité en -trice.
Comptant sur les mises à jour régulières de l’algorithme de recherche de Google, je me dis que peut-être une recherche de rédacteur ou de rédactrice serait décryptée de la même façon par le moteur.
Mon métier au féminin
Allons maintenant faire un tour sur un moteur de recherche.
Je lance deux recherches parallèles : conceptrice rédactrice freelance Toulouse et concepteur rédacteur freelance Toulouse.
Résultat des courses assez inattendu :
- La première requête (au féminin) conduit à une femme (!!) et 3 hommes (!!!) sur 10 résultats (les 6 autres étant des plateformes de freelance);
- La requête au masculin redirige vers 6 hommes, mais aucune femme.
Comment interpréter ces résultats?
- Google n’assimile pas les deux termes et se montre sensible au féminin/masculin.
- Google saisit cependant le lien de parenté des termes, puisqu’il fait ressortir des sites de professionnels masculins qui n’ont pas, à première vue, glissé la terminologie féminine dans leur site.
Dois-je devenir concepteur-rédacteur?
J’avance dans mon enquête sans obtenir la satisfaction attendue.
Je dois me résoudre, pour mettre toutes les chances du côté de mon référencement naturel, à faire figurer les deux terminologies. Au risque d’être un peu lourde et répétitive (ce qui n’est pas forcément la qualité première recherchée chez une rédactrice), la rédaction SEO me conduit à ce genre de formulation :
À la recherche d’un concepteur rédacteur ? Avec ma plume créative et pertinente, je suis la conceptrice rédactrice qu’il vous faut pour toutes vos communications.
LinkedIn en tout genre
Quitte à retravailler mes outils de communication, voyons maintenant du côté de LinkedIn comment se comporte son moteur de recherche.
Deuxième coup de massue : LinkedIn est sensible au féminin et masculin dans l’intitulé du poste.
Si vous cherchez un concepteur rédacteur, n’apparaîtront en première page que des personnes ayant cet intitulé exact.
Contrairement à Google, qui n’avait donné que de maigres résultats sur la recherche de l’intitulé au féminin, la requête conceptrice rédactrice fait carton plein, n’offrant que des profils répondant à cette dénomination. Mais ne nous réjouissons pas trop vite ! Les habitudes de recherche penchent sans aucun doute aussi pour le masculin générique, laissant les conceptrices rédactrices dans l’ombre.
Voilà pourquoi certaines professionnelles choisissent de se présenter comme concepteur rédacteur. Personnellement, je ne peux m’y résoudre.
Référencement pas si naturel
Une autre option pour les conceptrices rédactrices consiste à se présenter comme copywriter, mot anglais donc épicène de nature, ayant l’avantage de ne pas nécessiter de se travestir pour avoir une chance de ressortir dans les résultats de recherche.
Cette solution n’est pas pleinement satisfaisante, car cela revient à choisir un terme anglais alors que son équivalent français existe (pour une professionnelle dont le principal outil est la langue française, c’est discutable), en plus de ne pas figurer davantage dans les résultats de recherche de concepteur rédacteur.
Reste donc à attendre que les moteurs de recherche encouragent la féminisation des noms de métier en traduisant le masculin générique des recherches de professionnels par son équivalent féminin.
Et les paonnes dans tout ça?
Saviez-vous que la femelle du paon est la paonne (à prononcer «panne»)?
Elle souffre aussi à coup sûr d’une invisibilité majeure sur les moteurs de recherche. Je lui dédie alors, ainsi qu’à toutes les professionnelles obligées de mettre les bouchées doubles voire d’user de stratagèmes pour gagner en visibilité, une petite citation ornithologique toute personnelle:
«Si vous craignez la paonne, faites la roue.»